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Le suspendu de Conakry

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Fiche de lecture publiée le 30 octobre 2019

Les énigmes d’Aurel le consul, par Jean-Christophe Rufin

L’alliance de la plume et du roman policier, ou quand un Académicien mène l’enquête. Ce n’est pas la première fois que Jean-Christophe Rufin écrit des livres qui semblent sortir du cadre traditionnel d’un « grand écrivain » : on le connaît dans Le parfum d’Adam, thriller écologique, ou encore dans Katiba, qualifié de « roman d’espionnage ». Le voici aujourd’hui dans le roman policier avec la première aventure de notre consul à l’ambassade de France de Conakry, la capitale de la Guinée.

Aurel est d’origine roumaine, entré dans le corps diplomatique français un peu par hasard. Loufoque, ou plutôt anticonformiste, il passe son temps dans un placard, au sens propre du terme. Le consul, le vrai, ne lui porte aucune considération.

Alors, lorsque la police découvre un corps suspendu au mat d’un bateau de la marina de Conakry, et que le consul en chef est en vacances, Aurel se précipite sur l’affaire. A ses heures perdues (nombreuses) Aurel est passionné de romans policiers. Il aura voulu en faire son métier, mais sa sensibilité excessive lui a toujours joué des tours : impossible de devenir inspecteur dans ces conditions.

C’est qu’Aurel est tenace, intuitif, déterminé. Et les premières constatation de la police ne lui conviennent pas. Pourquoi le corps a-t-il été suspendu au mat, s’il s’agissait d’un simple crime crapuleux ?

Alors Aurel se démène : il cherche, il discute, il ruse, il accueille la sœur du défunt grâce à qui il découvre la famille. Et il avance, disculpe la pauvre fille accusée de meurtre, et bien sûr finit par résoudre l’énigme.

On est un peu dans la vieille école du roman policier. Le héros ressemble plus à ceux d’Agatha Christie ou à Philo Vance, le héros de Van Dine, qu’à Harry Bosch de Michael Connelly ou Wallander d’Henning Mankel. Il y a l’enquête et les réflexions d’Aurel que l’on ne connaît pas jusqu’au dénouement final. Donc c’est un style, mais qui, à mon avis, convient parfaitement à Jean-Christophe Rufin : son écriture, sa connaissance du corps diplomatique, de l’Afrique, de la Haute Savoie… son style littéraire et la richesse de son vocabulaire, tout cela lui permet de raconter une histoire très agréable, crédible, avec des dialogues rapides, et un anti-héros bien agréable.

Et cela fait du bien : nous ne sommes plus dans cette démesure de violence, d’horreur, de crime, de médecin légiste que l’on trouve de plus en plus chez les auteurs contemporains de roman policiers : nous sommes dans un cadre élégant, souple, « classe » qui permet au lecteur de passer un bon moment.

L'auteur de cette fiche

Eric Le Meur

Administrateur de ce site web, créateur des Éditions Blanche de Peuterey. Parce que la lecture nous fait du bien, et que grâce aux techniques nouvelles, on peut plus facilement diffuser de bonnes choses.

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