Accueil > Fiches de lecture > Que reviennent ceux qui sont loin

 22 septembre 2025

Que reviennent ceux qui sont loin

Pierre Adrian, Gallimard 2022 ; Folio 2024
Plus d’une fois je me suis demandé si l’auteur de « Que reviennent ceux qui sont loin » était le même que celui « des âmes simples » ou du « Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui ». J’avais été conquis, dans ces deux livres, par la vision humaine et positive de l’auteur. Dans « Que revienne ceux qui sont loin », j’ai eu le sentiment de me retrouver avec un homme qui fait l’état d’un constat stérile : les joies de son enfance, les joies familiales qui se revivent chaque année dans la grande maison familiale disparaissent. Et c’est la fin.
Dans ce roman très autobiographique, comme l’auteur l’a dit dans plusieurs interviews, nous nous retrouvons face à un beau récit, écrit grâce au style et aux qualités littéraires de Pierre Adrian. Mais déjà, la différence avec les deux autres livres m’a frappé : autant dans les deux premiers livres cités, nous avions des dialogues, un échange, un récit à plusieurs, autant dans « Que reviennent ceux qui sont loin » nous sommes presque face à un monologue, qui accentue, me semble-t-il, la dimension solitaire.
Après plusieurs années d’absence, le narrateur choisit de revenir passer le mois d’août dans la grande maison de famille, en Bretagne, avec sa grand-mère, déjà très âgée, ses parents, oncles et tantes, et toute une ribambelle de cousins et cousines de divers âges. Et à travers la vie des plus jeunes, il va retrouver des souvenirs de la sienne, et les regarder avec une vision d’adulte qu’il est devenu, et qui ne peut que constater l’inéluctable : toutes ces choses ont une fin.
Entre ces différents romans, je pense que l’auteur a intérieurement changé. En tout cas, sa vision de la vie a changé. Le style est toujours agréable, même s’il est devenu mélancolique. On ne sent pas à travers son écrit la joie des retrouvailles après plusieurs années d’absence. Les relations avec les membres de la famille restent superficielles, sauf avec le petit Jean. Les relations avec les ami(e)s et celles sans lendemain sont tout aussi superficielles.
Je regrette un peu cette évolution, car avec le potentiel littéraire et la dimension humaine que l’on percevait dans les premiers livres, j’avais le sentiment que Pierre Adrian pouvait apporter un peu de chaleur et de hauteur dans notre petit monde littéraire. Un peu d’humanité, au sens noble du terme.

D'autres livres de Pierre Adrian

  • Le tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui

  • Des âmes simples