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Ouvrir une voie

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Fiche de lecture publiée le 4 mai 2022, rédigée par Eric Le Meur

Emmanuel Faber, Éditions Paulsen Guérin, 2022.

Si vous n’êtes pas focalisé sur un genre littéraire particulier (policier, romans historiques, etc) il me semble que le livre d’Emmanuel Faber « Ouvrir une voie » fait partie des curiosités littéraires qui sortent du lot en ce début d’année 2022. Très certainement à cause du personnage, exceptionnel, je veux dire hors du commun quant à ses facultés intellectuelles et humaines ; des circonstances de son limogeage de Danone, et du style littéraire.

Commençons par le plus simple, le style littéraire : quel émerveillement de découvrir quelqu’un qui n’est pas initialement littéraire écrire avec une telle aisance ! Une richesse de vocabulaire, bien supérieure, me semble-t-il, à celle de nombreux romans à la mode. Certes, on sent une certaine « efficacité » dans le récit. Pas un mot de trop, un enchaînement logique, une réflexion construite, sans pour autant être rébarbative. En soi, le livre vaut le détour.

L’homme Emmanuel Faber jouit d’une certaine réputation, en tant que dirigeant de grande entreprise, certes, mais également pour certains à cause de son discours à HEC en 2016, dans lequel il a dévoilé deux choses : la maladie psychiatrique de son frère, grâce à laquelle, dit-il, il est resté les pieds sur terre, et sa peur de trois grandes « maladies » humaines : l’argent, la gloire, le pouvoir.

Aurait-il écrit « Ouvrir une voie » s’il n’avait pas été limogé de Danone ? Le livre apparaît, me semble-t-il, comme une sorte de justification de son idéal, idéal qui finalement n’a pas été compris ou accepté par une certaine partie du Conseil d’Administration de cette grande entreprise.

Et pour bien l’expliquer, Emmanuel Faber remonte loin dans son enfance. Il nous montre comment la passion de la montagne lui a permis d’apprendre à « ouvrir des voies », à tracer sa route, à être un leader. Il parle également de son frère Dominique, grâce à qui il n’a pas été emporté par le tourbillon du succès. Enfin, il explique ce qu’il a essayé de faire pour Danone : changer les habitudes de toute la chaîne de production, pour que l’on respecte au mieux le vivant, réduire les émissions de Co2, favoriser la diversité des espèces. Certes, cela a un coût initial, mais assure l’avenir de l’entreprise et de la planète.

« Redonner sa place au vivant dans l’économie, c’est reconstruire l’existence et définir des « communs », des biens publics. Et à partir de là, comprendre qu’il n’y aura pas de compétitivité sans efficience (performance et efficacité) dans la gestion, la préservation, et la régénération des communs. »

Il termine en disant qu’il va désormais se consacrer à la direction d’un organisme chargé de définir les normes internationales extra comptables des entreprises (Si j’ai bien compris, un ensemble de bonnes pratiques que l’entreprise devra respecter pour la protection de la planète). Un domaine dans lequel il reste beaucoup à faire, une nouvelle voie à ouvrir.

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