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Gaëlle Josse, J’ai lu, 2013
L’auteure est très appréciée par mon ami Christophe https://www.christophedelaigue.fr/search/josse/ et elle jouit d’une belle renommée. N’ayant rien lu d’elle, je me suis lancé dans « Nos vies désaccordées ».
François, pianiste de renommée internationale, reçoit un jour un message sur son site de la part d’un infirmier psychiatrique. Celui-ci est heureux de prendre contact avec lui « en vrai », car il ne le connaît que par l’intermédiaire de l’une de ses patientes, qui écoute en boucle ses CD des œuvres de Schumann.
Le choc pour François est grand, il est persuadé de retrouver, en la personne de cette patiente, celle qui fut sa compagne, Sophie, qu’il a aimée, mais qu’il a quittée de façon violente, voire cruelle. Il a conscience de sa responsabilité, et il se rend compte que si Sophie est en hôpital psychiatrique, il en est certainement responsable. Il abandonne tout sur le champs, concerts, compagne actuelle, et part dans les Pyrénées pour tenter de reprendre contact avec elle.
D’un côté la forme : impressionné par ce que j’appellerai « la maîtrise du milieu ambiant » : que ce soit le monde de la musique, les voyages internationaux, le milieu psychiatrique, on a l’impression que Gaëlle Josse évolue dans un domaine qui lui est familier. Il ressort du récit une véracité qui le rend crédible et captivant. Je ne sais si effectivement elle connaît parfaitement ces milieux, ou si elle s’est tout simplement renseignée, mais le résultat est impressionnant de véracité.
À côté de cela, la transmission des sentiments. La souffrance de François est palpable. Et le récit, en quelque sorte, nous met « dans la tête », dans les pensées du pianiste. C’est très profond.
Peu de dialogues, et malgré cela, le récit est prenant, parce que l’auteure a cette capacité d’en faire un texte sincère.
De l’autre côté, le fond : j’ai peur qu’il soit atrocement vrai. En tout cas que ce genre de situation et de vie soit vrai. En cela, je ne veux pas porter de jugement : cela me fait simplement beaucoup de peine. Quelle souffrance les hommes sont capables de s’infliger par égoïsme ! Certes François a pris conscience de son erreur, qu’il cherche à réparer, mais c’est tout de même terrible. Si Sophie est en hôpital psychiatrique, ce n’est pas par hasard.
Je vous laisse découvrir le texte. J’oscille entre émerveillement et souffrance. Émerveillement, peut-être parce que l’auteure est capable de décrire cette souffrance. Mais quel dommage que l’on puisse se retrouver dans des situations semblables !