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Les vestiges du jour

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Fiche de lecture publiée le 21 décembre 2017, rédigée par Eric Le Meur

Par Kazuo Ishiguro (the remains of the day), 1989

Je connaissais le film, mais je ne savais pas qu’il avait été tiré d’un livre. C’est en regardant la liste des ouvrages de Kazuo Ishiguro lorsque celui-ci a reçu le prix Nobel de littérature en 2017 que j’ai découvert « Les vestiges du jour version papier ».

On peut toujours craindre un style compliqué de la part d’un Prix Nobel… Mais ce n’est pas le cas. Un style travaillé, certes : c’est grâce à son écriture que Kazuo Ishiguro réussit à rendre l’ambiance guindée et formelle de Stevens, le majordome de Darlington Hall. Un majordome tellement focalisé sur la qualité de son travail qu’il en vient à ne plus se rendre compte de la dimension humaine de ses relations.

La perfection du service, la dignité d’un majordome, ce qui fait sa respectabilité : Stevens est très certainement l’un des meilleurs majordomes de Grande Bretagne, mais il a perdu toute humanité : il ne veut accompagner son père dans ses derniers instants car il se doit au service de son maître ; il ne se rend pas compte des manifestations d’affection de Miss Kenton, alors que celle-ci est seule et qu’elle cherche quelqu’un pour l’accompagner dans sa vie ; il ne se rend pas compte des dérives de son maître vers les représentants des nazis (une grande partie de l’histoire se déroule en Angleterre entre les deux guerres). Et donc, oui, Stevens est un majordome exceptionnel, mais c’est un aveugle du cœur.

L’histoire nous prend après la deuxième guerre mondiale : Lord Darlington est décédé, et son domaine a été vendu à un riche américain, contraint néanmoins à diminuer fortement le personnel. Stevens se propose de reprendre contact avec l’ancienne gouvernante, Miss Kenton, pour lui proposer de reprendre du service, et son nouveau maître lui offre de profiter de l’occasion et de partir avec l’automobile en voyage. Les différentes étapes du périples sont l’occasion de « retour en arrière » de la part de Stevens, qui réfléchit sur la condition de majordome, et qui se remémore les évènements qui firent sa grandeur et sa fierté.

L’œuvre est belle. On pourrait consacrer plus de temps à l’étudier ; elle pourrait être un livre de référence dans les classes littéraires, me semble-t-il.

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