Accueil > Fiches de lecture > Les courants fourbes du lac Taï

Par Qiu Xiaolong, Éditoins Liana Levi, 2010.
Ma première rencontre avec l’inspecteur principal Chen ! Il eut été peut-être préférable de lire quelques opus antérieurs, même si le contraire ne gène pas pour la compréhension de l’histoire.
Brièvement, car il est assez facile de trouver par ailleurs de quoi il s’agit : Chen est en vacances, dans un centre pour cadres du parti, au bord du lac Tai, non loin de Shangai. le directeur d’une usine puissante en terme de production – et de pollution du lac ! – est assassiné, si je me souviens bien le premier jour de ses congés.
Dans un premier temps, Chen ne souhaite en rien intervenir dans l’affaire. Mais une jeune fille qu’il a rencontrée par hasard, très portée sur la protection de l’environnement, est sur le point d’être mise en examen pour le meurtre. Comme il est clair pour Chen qu’elle est innocente, il va se transformer en Sherlock Holmes de l’un des policiers locaux, à qui il va donner quelques conseils pour résoudre l’affaire.
L’enquête est assaisonnée de poèmes que Chen compose.
Lecture que j’ai trouvée plutôt agréable pour un roman policier contemporain. Moderne, avec quelques touches de poésie chinoise, sans sombrer dans le gore ou les cadavres découpés, comme cela arrive avec d’autres auteurs contemporains. de plus, j’ai découvert une partie du monde chinois, très autoritaire et hiérarchisé.
Mais je fus agréablement surpris de constater que cette question de la pollution semble préoccuper quelques personnes de ce grand pays, ce que je n’imaginais pas.
Un roman policier pas trop noir, et néanmoins contemporain : on suit l’enquête avec l’inspecteur, et même si celui-ci garde une petite longueur d’avance sur nous, nous n’avons pas besoin de grandes révélations que seul le protagoniste principal aurait été capable d’énoncer pour découvrir l’assassin.
Comme quoi, il n’y a pas que la Scandinavie ou les Pays Baltes pour produire des romans policiers !
J’ai un peu hésité à publier cette fiche sur mon blog. Globalement l’ambiance est correcte. Mais... Il n’empêche que la société chinoise, dans l’affaire qui nous occupe, est assez dépravée.
Dans l’histoire, l’inspecteur Chen se retrouve par hasard dans un salon de coiffure qui, de fait, est une maison close.
À un autre moment, il est question à nouveau de prostituées.
La corruption est présente.
Dans tout cela, rien de très explicite n’est décrit. Mais l’ambiance générale est, je pense, conforme à la société chinoise.