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Le joueur d’échecs

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Fiche de lecture publiée le 13 mars 2019, rédigée par Eric Le Meur

Stephan Zweig

Le célèbre historien est connu pour ses biographies passionnantes et quasiment exhaustives sur certains personnages, tels que Magellan, Marie Stuart, ou encore Fouché. Je ne le connaissais pas dans son rôle de romancier : c’est un peu par curiosité que j’ai lu « Le joueur d’échecs ».

Czentovic est un « maître » du jeu d’échec. Enfant venu de nul part, aidé par le curé de son village, presque analphabète, il est devenu grand maître d’échecs, mais jouit d’une réputation de taciturne et de personne peu sociable. Il effectue une croisière en bateau pour se rendre à une compétition internationale.

Le narrateur du récit se trouve également sur ce bateau, et sait qu’il est impossible d’aborder le maître, encore moins de jouer avec lui, à moins de ne débourser une somme importante. Un riche écossais est néanmoins prêt à payer cette somme, trop fier de pouvoir dire ensuite qu’il a joué contre Czentovic.

Alors que la partie est rapidement sur le point de se terminer, compte tenue de la différence de niveau entre les deux joueurs, un spectateur intervient, ou plutôt réagit instinctivement, et donne quelques conseils. La partie se termine sur un nul.
Intrigué, le narrateur tente d’en savoir plus. Qui est ce mystérieux voyageur, qui semble capable de battre un grand maître aux échecs ? Commence alors un long récit : le personnage nous apprend qu’il fut un opposant à l’arrivée des nazis en Autriche. Notaire dans un cabinet qui gérait les propriétés impériales, les nazis veulent savoir où les biens de la famille de l’empereur ont été cachés. Chose étrange, au lieu d’être incarcéré comme la plupart des opposants, il est enfermé dans une maison relativement confortable, pendant des semaines, sans rien à faire. Il était régulièrement interrogé, puis renvoyé au silence et à l’inaction.

Après 4 mois dans ces conditions, il découvre, dans la poche d’un vêtement de l’un de ses gardiens, un livre qu’il réussit à subtiliser. Ce livre est un traité d’échecs, qu’il commence à lire et à apprendre par cœur, car il n’a rien d’autre à faire.

Avec de la mie de pain, il réussit à se faire des pièces d’échecs, et commence à répéter les parties décrites dans le livre. Puis il finit par apprendre à jouer contre lui-même, ce qui se sera pas sans lui créer de graves troubles psychologiques.

En fait, il n’a jamais joué contre un adversaire. Il accepte néanmoins de le faire, à la seule condition : ne jouer qu’une seule partie.

J’avoue, j’ai été un peu déçu par le style. On pourrait dire que le roman est essentiellement un long monologue, on long récit des conditions de captivité de ce mystérieux voyageur. Évidemment, c’est un récit de Stephan Sweig, avec sa richesse de vocabulaire, son rythme, sa façon d’écrire… Mais cela n’en finit pas. Donc, selon moi, à lire par curiosité. Reste à découvrir d’autres romans de Sweig pour voir s’ils sont tous écrits de la même façon. Les biographies, elles, sont absolument captivantes.

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