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Chagrin d’école

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Fiche de lecture publiée le 21 février 2020, rédigée par Eric Le Meur

par Daniel Pennac, 2007

Qui eut cru que Daniel Pennac avait été un cancre ? Un mauvais élève, quelqu’un qui n’arrive pas à apprendre, qui est mal considéré, dont les autres – y compris ses professeurs – se moquent ? Déconsidéré par beaucoup, parce qu’il est un très mauvais élève ? Et pourtant, ce fut effectivement le cas. Daniel Pennac, Prix Renaudot 2007 justement pour Chagrin d’école, écrivain, auteur de scenarii pour le cinéma, animateur d’émissions radio, professeur de français au lycée, fut un cancre.
Et c’est en partie ce qu’il nous raconte dans son livre. Comment lui, fils de polytechnicien, frère de 3 ingénieurs, était un mauvais élève.

Mais le récit ne se contente pas de nous raconter quelques blagues de cancre, ou ses sentiments de souffrance : l’auteur va bien plus loin que cela, et aborde même à la fin de véritable problèmes de société, qui ont pour cause des problèmes éducatifs et familiaux.

Il nous raconte effectivement sa vie familiale. Famille dont tout un chacun pourrait rêver. Car, au moins, même si la plupart de ses professeurs avait de lui une vision plutôt pessimiste, même si sa mère, comme toutes les mères de cancre, était inquiète pour son avenir, son père est resté serein et paternel. Et ses frères lui ont conservé toute son affection.

Ce n’est pas uniquement à cause de cela qu’il a réussi, malgré un départ dans la vie compliqué. Il nous raconte comment trois professeurs l’ont pris « là où il était », et ont réussi à l’emmener plus haut.

Il passe le bac, puis une licence de lettre en 1968, ce qui fera dire à son père :

« Il t’a fallu une révolution pour la licence, doit-on craindre un guerre mondiale pour l’agrégation ? »

Suit alors une carrière de professeur, au cours de laquelle il manifeste des talents pédagogiques immenses. Aventures qu’il raconte, avec des joies, des succès, quelques échecs dont il parle également.

Il est assez difficile de résumer le livre, tellement sa construction est méticuleuse. L’auteur nous emmène, grâce à un mélange d’anecdotes et d’intérogations, vers une réflexion sur l’éducation familiale et ce changement profond dans la société, devenue une société mercantile et commerçante, sur les « marques ». Le chapitre « Maximilien ou le coupable idéal » est tout simplement fabuleux.

Magnifique, profond, et préoccupant en même temps : Daniel Pennac, qui était cancre, a pu changer, au fond, grâce à la dimension humaine de ses proches, familiaux ou scolaires. Les cancres d’aujourd’hui auront-ils encore cette chance ?

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