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Kazuo Ishiguro, Folio, 2009
On ne devient pas prix Nobel de littérature par hasard… en tout cas, c’est le sentiment qui me vient à l’esprit après la lecture de ce beau roman par l’auteur des « Vestiges du jour ».
Par un long mais passionnant récit historique, nous suivons la vie de Christopher Banks, qui vit avec ses parents à Shangaï, à l’époque où la ville est une concession internationale. Son père travaille pour une entreprise anglaise, qui loge sa famille dans cette ville où tous les commerces sont possibles, y compris celui de l’opium. Sa mère est une fervente opposante à ce trafic.
Christopher vit et s’amuse avec son jeune voisin, Akira, dont la famille est japonaise.
Lorsque les deux parents de Christopher disparaissent, celui-ci est envoyé en Angleterre, chez une tante, pour être scolarisé. Il va devenir ce qu’il a toujours voulu être : un détective célèbre et reconnu.
Le récit nous emmène, à travers la vie de Christopher, depuis ses années d’enfance jusqu’à ses premières soirées dans la haute société londonienne. Il y fait la connaissance de personnages importants, et de Sarah Hemmings, jeune femme envoûtante et mystérieuse.
Banks, devenu ce détective célèbre qu’il voulait être, n’en reste pas moins préoccupé par la disparition de ses parents, jamais élucidée. Alors que Sarah Hemmings part avec son époux s’installer à Shangaï, il décide de les rejoindre pour éclaircir ce mystère. Depuis, la guerre sino-japonaise fait rage.
Magnifique roman et superbe récit. J’ai lu ce livre avec plaisir, malgré ses plus de 500 pages en format de poche. Le récit est raconté à la première personne (c’est Banks qui raconte), avec des retours en arrière qui nous permettent de comprendre sa situation, de découvrir sa vie en Chine, ses amis, son histoire. Un mélange de narration et de dialogues, qui rend l’ensemble passionnant. Il ne s’agit pas de tenir le lecteur en haleine, mais de l’emmener patiemment à travers les méandres d’une vie, sans pour autant le lasser.
On découvre également un pays en pleine crise, au cours de cette guerre sino-japonaise, et les terribles conditions de vie des autochtones.
Seul petit détail qui m’a laissé sceptique : le récit de la bataille à travers laquelle Banks se faufile pour aller retrouver la maison dans laquelle il pense que ses parents sont retenus prisonniers. J’imagine mal des officiers chinois abandonner leurs postes pour accompagner un civil de passage.
Une belle histoire que ce roman !