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 14 avril 2025

Pur Sang

Par Franck Bouysse, livre de poche, 2024

Dans les montagnes du Montana, le jeune Élias est élevé par ses parents, Papa et Maman Tulssa, deux indiens Nez-Percés. La petite famille vit au milieux des bois, en symbiose avec la nature et les animaux.

« Lorsqu’ils estimèrent qu’Élias était en age de comprendre », les deux indiens lui apprirent qu’il avait été adopté. Ses parents, des colons français, étaient morts de maladie. Le couple l’a élevé comme leur propre fils, comme un fils d’indien. La révélation se passe bien, même si elle suscite une grande curiosité chez l’enfant.

Quelques années plus tard, papa Tulssa meurt d’un accident de bûcheronnage. Un an plus tard, Maman Tulssa s’éteignait, non sans lui avoir révélé juste avant de mourir que ses vrais parents n’étaient pas mort de maladie, mais bien rentrés en France, après avoir confié l’enfant aux deux indiens.

Une fois sa mère adoptive enterrée, Elias vend la ferme et décide de partir à la recherche de ses parents.

En soi le scénario est intéressant et compréhensible, et pourrait-on dire d’actualité. C’est le premier roman de Franck Bouysse que je lis, je découvre l’auteur et son style. J’ai été frappé par la richesse du vocabulaire, la précision dans les descriptions, la vivacité du récit.

Plus d’une fois cependant, j’ai été troublé par les nombreuses phrases négatives dans lesquelles il manque un adverbe « la loi, elle fait pas l’homme » ; « la suite a pas été en ma faveur » ; « vous êtes pas aussi décadent qu’on veut bien le dire en France, alors ». etc. Une technique sensée rendre la conversation plus réelle, j’imagine, mais plus d’une fois je suis revenu sur la lecture en me disant "il manque un mot" !

Pour ce qui est du contenu, en revanche j’ai été un peu déçu. Je ne dévoile rien, mais sachez que l’histoire est tout de même assez glauque. Qui plus est, brève. Par le plus grand des hasard, Élias, qui ne parle pas un mot de français, arrive dans un village perdu d’où sont originaires ses parents, et rencontre un écossais qui y réside. Après quelques jours de découverte réciproque, l’écossais finira par lui raconter toute l’histoire de sa famille. Puis retour à la case départ pour Élias.

On décèle de temps en temps des piques un peu gratuites contre l’Église. Avec une morale un peu simpliste (« t’es le fils d’un homme et d’une femme qui s’aimaient, c’est ce qui compte. Peu importe qui ils étaient ». Quand vous saurez qui étaient cet homme et cette femme, vous n’aurez peut-être pas le même regard sur cette phrase).

Pour 8,70 € en version Livre de poche, on aurait pu épaissir un peu l’histoire, me semble-t-il.