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Roland Garros, Libretto, 2026
Agréable surprise trouvée chez mon librairie avant l’été, édité dernièrement chez Libretto. Je me suis replongé dans ma passion de jeunesse qu’était l’aviation, et j’ai découvert un style littéraire qui permet de ne pas s’ennuyer tout de long de ces pages de journal. Le style « journal » peut parfois être rébarbatif : Roland Garros s’avère être une plume agréable ! Et cela vaut mieux, car il y en a tout de même pour 450 pages...
De plus, la préface et l’avant-propos aident à se remettre dans l’ambiance de l’époque, ce qui est très utile.
Et on retrouve Roland Garros à ses débuts d’aviateur. L’auteur-pilote ne nous dit pas trop comment l’idée d’acheter un avion en 1910 lui est venue. On sait simplement qu’il est diplômé de HEC, qu’il a ouvert un commerce d’automobiles, et qu’il veut acheter un avion. Il recevra sa première « Demoiselle », et va commencer à s’initier, grâce aux conseils d’un ami rencontré sur le terrain d’aviation, à ce que l’on appelait « voler ». Sur ce type d’appareil, cela ressemble plus à des sauts de puces qu’à autre chose.
Mais ça marche. Et la passion aidant, Roland Garros va s’exercer sur des appareils plus sérieux et plus solides.
Il passe son brevet de pilote, et il est repéré par un Franco-Américain, qui vient de monter une sorte de « crique aérien ». L’idée est de proposer des attractions au public, en faisant faire des tours de piste, des vols, des compétitions aux avions. Et Roland Garros va partir de novembre 2010 à avril 2011 aux États-Unis, puis au Mexique, pour des exhibitions aériennes.
Rentré en France, il s’inscrit aux compétitions de l’époque, essentiellement des courses d’avions pour rallier le plus vite possible une ville à l’autre (Paris Rome, des compétitions à Vienne, Madrid, par exemple).
Il en fera un bon nombre, avec plusieurs victoires.
Puis vient le « premier exploit », puisqu’il sera le 1er à traverser la méditerranée. Je mets « premier exploit » entre guillemet, car à l’époque bon nombre de vols étaient des exploits !
Vient la guerre, il se porte volontaire comme pilote, les avions servant essentiellement pour la reconnaissance aérienne. Mais les appareils s’arment, et le second exploit de Roland Garros a été de mettre au point le tir de la mitrailleuse à travers l’hélice. Il écrit bien qu’il n’est pas l’inventeur de la théorie, mais il raconte la mise au point, et les efforts pour convaincre les officiers de l’armée, qui pour beaucoup n’étaient déjà pas convaincus par l’aviation (pensez, un tir à travers l’hélice…).
On sait que Roland Garros, en 1915, est contraint d’atterrir derrière les lignes ennemies, qu’il n’aura pas le temps de détruire son invention, dont les Allemands vont s’emparer.
Après trois ans de captivité, et plusieurs tentatives d’évasion, la dernière est la bonne. En 1918, il retourne dans l’armée, et sera abattu en octobre 2018.
J’en convient, la passion de l’aviation aide à lire ce livre. Mais pas uniquement ! Car, comme je l’ai dit, le style du récit est agréable, blagueur, bon vivant. À l’image de l’auteur !