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Maggie O’Farrell, 2020, Édition 10/18, 2025
Dernièrement l’un de mes amis a vu le film adapté de ce roman, et il en était ressorti en disant que « Tout est magnifique et bouleversant », comme vous pouvez le lire sur son blog. (Hamnet, le film)
La bande-annonce du film nous parle d’une histoire d’amour inconnue. Fort de ces retours, de passage chez mon libraire, j’achète le livre à l’origine du film. Je m’attendais à « un beau récit ! ». Et là, force est de constater que la magie n’a pas opéré en moi les mêmes sentiments d’émotion…
En quelques mots, le livre est un roman historique sur la vie de Shakespeare, et surtout sur le drame qui fut à l’origine de sa pièce, Hamlet. Dans l’Angleterre du 16e siècle, le fils aîné d’un notable et entrepreneur, professeur de latin, tombe amoureux d’une jeune femme un peu sauvage, aux dons naturels indéniables (mais qualifiés par certains de sorcellerie). Pour forcer la main de son père, qui refuserait un tel mariage, un enfant est conçu en cachette.
La petite Suzanne naîtra, suivie de deux jumeaux, Judith et Hamnet.
Le mari (Shakespeare, dont pas une seule fois le nom sera prononcé dans le livre), littéraire, étouffé par l’énergie paternelle, part pour Londres, en continuant de correspondre avec son épouse et ses enfants, et devient auteur de pièces de théâtre.
Pendant ce temps, le drame se met en place, et le petit Hamnet mourra de la peste.
Certes, certes, faut-il insister : la construction du roman est l’œuvre d’un grand écrivain. Comme elle l’explique à la fin, il s’agit bien d’une œuvre romancée. Si Shakespeare a bien perdu un fils, dont la mort sera à l’origine de la pièce bien connue, les conditions familiales sont romancées. Mais l’ensemble est le fruit d’une recherche et d’une connaissance précise de l’ambiance de l’époque. Le livre est vraiment fouillé. Le vocabulaire est riche. Le style précis et unique.
Mais j’ai eu du mal avec les longs passages descriptifs et narratifs, que j’ai trouvé oppressants. Car ces longs intervalles contribuent, dans leur style, à mettre en place le drame. Je n’y a pas trouvé la joie.
De nombreux personnages sont… odieux. Que ce soit le père entrepreneur, à la limite de l’honnêteté, violent avec ses enfants ; que ce soit la belle-mère d’Agnès, elle aussi violente, en particulier à l’égard de sa belle-fille. Quant à l’histoire d’amour entre Agnès et Shakespeare, elle est compliquée, puisque Shakespeare s’installe à Londres, se plonge dans son travail, donne peu de nouvelles, et n’est pas très présent auprès de son épouse après la mort de leur fils. Agnès est presque dépressive, et un an plus tard, ce sont ses deux filles qui prennent en main la gestion de la vie quotidienne, Agnès n’en étant plus capable, et le père n’étant pas là.
J’ai été gêné par les changements de période à chaque chapitre, surtout dans la première moitié du livre. On est dans une histoire haletante, et au changement de chapitre, on se retrouve 10 ans plus tôt (ou plus tard). On dirait du Da Vinci Code.
Enfin, le drame est réel, Agnès ne s’en remet pas, ou presque.
Bref… Je conçois que le problème soit… personnel. J’aime lire pour me détendre, pas pour me plonger dans des drames humains ni des ambiances familiales difficiles. C’est une belle œuvre littéraire, mais je serai prudent à lire d’autres livres de Maggie O’Farrell.