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 27 février 2026

12 balles pour Marie-Thérèse

Paul Beaupère, 2026

Je fais bref pour le résumé, que l’on peut trouver assez facilement : alors qu’elle part chasser, comme à ses habitudes, Marie-Thérèse, sympathique retraitée dans les Vosges, chasseuse à ses heures, pilier de l’orgue de sa paroisse, assiste à un viol, et tue l’auteur en plein acte. Et voilà que le commissaire Berg, chargé de l’enquête, pour qu’elle ne soit pas condamnée, lui propose, contre silence, de tuer 12 malfaiteurs qu’il a tenté d’arrêter sans succès pendant sa carrière. Marie-Thérèse reçoit alors toutes les instructions pour abattre chaque personne, une par mois.
Je me suis dit que, pour vous parler de ce livre, le plus simple serait de vous raconter l’évolution de mes états d’âme au cours de sa lecture…
À la découverte des premiers chapitres, je me suis demandé si nous n’assistions pas à la réincarnation de Michel Audiard. Il me semblait entendre, dans la bouche de Marie-Thérèse, les expressions de Raoul Volfoni : « Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m’en fait trop je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile ! » Et je dois vous avouer que ma lecture fut ponctuée d’éclats de rire… profonds !! Agréable surprise pour l’entame.
Dans les chapitres suivants, alors que Marie-Thérèse commençait son œuvre, j’ai trouvé que la blagounette et le calembour bon commençaient à lasser. Et je me suis dit que si c’était comme ça avec le récit des 12 meurtres, j’allais trouver le temps long. J’ai même eu des pensées négatives en me disant : « ça y est, je me suis encore fait avoir avec la promo des copains de l’auteur ». Bref, je commençais à regretter mes 20 €.
Et puis… Et puis… La 2nde affaire commence, qui vient apporter quelques grains de sable dans la mécanique bien huilée du méchant commissaire Berg. Entrent en scène le commissaire de Versailles et ses adjoints, qui parlent tous comme les Tontons flingueurs, (je ne m’attendais pas à écouter un commissaire versaillais sur ce ton, mais bon…) et là, je ne peux plus lâcher le livre ! Enfin, j’attends avec impatience la fin de la soirée pour progresser dans l’intrigue, et surtout dans l’angoisse : comment Marie-Thérèse va-t-elle s’en sortir ? Parce que c’est cela le plus important : certes, elle a refroidi (dans la bonne humeur) trois personnes, mais au fond elle n’y est pour rien, elle s’est fait avoir, et il ne faudrait surtout pas qu’elle termine en prison !
C’est l’angoisse ! Et donc j’avale les 360 et quelques pages du livre, avec une joie non dissimulée. (lecture toujours ponctuée d’éclats de rire tonitruants, et de références à un certain film culte : « il n’aurait jamais dû quitter Loudun »)
Je pense que c’est un grand succès. J’ai passé un bon moment. J’ai hâte de voir à quoi ressemblent les livres pour la jeunesse écrits par Paul Beaupère.

conseil aux parents

On réservera tout de même ce livre à des adultes. Certains dialogues et morceaux de l’histoire ne sont pas pour de chastes oreilles.