Le blog des Editions Blanche de Peuterey

Edition et vente de livres numériques. (ebooks)

Je cherche un livre ou un auteur

Visitez notre site principal : Les Éditions Blanche de Peuterey

« Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe » (Jules Renard)

Le parfum d’Adam

Accueil > Fiches de lecture > Le parfum d’Adam

Fiche de lecture publiée le 27 septembre 2018

Par Jean-Christophe Rufin, Flammarion, 2007

Que se passe-t-il lorsqu’un auteur lauréat du prix Goncourt se lance dans un roman d’espionnage, un thriller écologiste et terroriste ? On obtient « le parfum d’Adam », titre qui trouvera son explication au cours du récit

Nous sommes en Pologne ; une jeune femme pénètre dans un laboratoire pour libérer les animaux prisonniers des expériences médicales en cours. Elle laisse bien en évidence la preuve que l’acte est revendiqué par le Front de Libération des Animaux. Elle n’omet pas cependant d’emporter une petite bouteille trouvée dans l’une des armoires.

Quelques temps plus tard, un homme d’allure respectable aborde, à Atlanta (Etats-Unis) Paul Matisse, médecin, et co-directeur d’une clinique privée qui aide les plus démunis. Paul est venu à la médecine sur le tard. Auparavant, il était agent de la CIA, et l’homme respectable qui vient le trouver est son ancien directeur. Celui-ci a quitté la CIA pour fonder une agence de renseignement privée, à qui on a demandé d’enquêter sur l’acte terroriste dans le laboratoire polonais. Paul est formé à l’action, il est médecin : il est le mieux placé pour enquêter. Paul a pourtant définitivement rompu avec ce milieu, mais la somme qui lui est proposée lui permettra d’agrandir et de financer sa clinique. Il accepte à contrecœur la proposition.

Commence alors une longue traque, qui nous conduira dans les milieux écologistes extrêmes, avec une théorie simple : outre le fait que l’homme est un animal comme les autres, pour préserver l’équilibre planétaire, mis à mal essentiellement par la partie pauvre et misérable de la population, il faut éliminer cette population pauvre. Le groupe terroriste le fera grâce à une souche mutante du choléra, la petite bouteille volée dans le laboratoire polonais.

Qui suis-je pour donner un avis sur un livre écrit par un académicien ? Encore une fois, Jean-Christophe Rufin réalise un travail de maître. Tant par la qualité de l’écriture, le style, le vocabulaire (j’ai découvert plusieurs mots que je ne connaissais pas), que par la profondeur des recherches. Le moins que l’on puisse dire est que l’auteur s’est documenté. Évidemment, il a été aidé par sa formation personnelle de médecin humanitaire, par sa fréquentation des ambassades, son contact avec certains services de renseignements, comme il l’explique lui-même à la fin du livre. Mais cela n’explique pas tout : une fois de plus Rufin connaît son sujet.

Que peut-on dire du style Thriller, roman d’action ? C’est peut-être là où le style académique convient le moins. Celui-ci est assez loin de celui des maîtres du genre, parmi lesquels, par exemple, Tom Clancy, Michael Connelly, ou encore Franck Thiriez. Pandemia, de Franck Thiriez, raconte la traque d’un groupe terroriste qui veut inoculer la peste à la population. Tom Clancy propose également un roman sur cette thématique (Rainbow Six). Ruffin est beaucoup plus prolixe dans ses descriptions, ses explications, au risque de perdre le rythme et l’angoisse propre à ce genre de roman.

D’ailleurs, les théories développées par Rufin sont-elles crédibles ou plausibles ? C’est une question à laquelle je ne peux répondre facilement. On regrette parfois dans le récits des situations ou des revirements un peu simplistes.

Conclusion personnelle : Le parfum d’Adam est un roman d’une belle qualité littéraire. On y retrouve tout le savoir faire de l’Académicien Jean-Christophe Rufin. Si en revanche vous cherchez un roman d’action avec une haute intensité, peut-être devriez-vous vous tourner vers d’autres auteurs.

L'auteur de cette fiche

Eric Le Meur

Administrateur de ce site web, créateur des Éditions Blanche de Peuterey. Parce que la lecture nous fait du bien, et que grâce aux techniques nouvelles, on peut plus facilement diffuser de bonnes choses.

Voir tous les articles de cet auteur