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Le chant de Bernadette

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Fiche de lecture publiée le 21 septembre 2016

Le chant de Bernadette

Par Franz Werfel , 1941. Traduction chez Albin Michel en 1948, plusieurs fois ré-édité.

L’auteur : Franz Werfel

Les circonstances de l’écriture du livre et la personnalité de l’auteur méritent qu’on s’y attarde en quelques mots avant d’entrer dans la lecture.

Franz Werfel est autrichien, juif. En 1929, il épouse Alma Mahler, veuve du compositeur Gustav Mahler.

Il est de la génération de Franz Kafka avec lequel il entretiendra une réelle et profonde amitié. Franz Kafka éprouve une grande admiration pour les écrits poétiques de Franz Werfel.

Comme beaucoup de grands écrivains qui vécurent en Autriche Franz Werfel fut plongé dans la tourmente des années qui précèdent la montée d’A. Hitler et du nazisme.

En 1938, avec sa femme Alma Mahler il fuit l’Autriche et l’avancée des troupes allemandes. Il trouve à se réfugier provisoirement en France à Sanary-sur-Mer dans l’espoir de partir pour les États-Unis. Dans l’introduction du livre il écrit : « Une famille de Pau nous conseilla de nous rendre à Lourdes où nous pourrions peut-être encore trouver à nous loger. C’est ainsi que la Providence nous conduisit à Lourdes, dont je ne connaissais que très superficiellement l’histoire miraculeuse. J’y ai vécu quelques semaines d’angoisse. Mais elles furent aussi pour moi d’une grande importance. J’appris la merveilleuse histoire de Bernadette Soubirous et des guérisons miraculeuses de Lourdes. Dans ma grande détresse, je fis un vœu. Si j’arrivais à m’échapper et à atteindre le rivage d’Amérique, la première chose que j’écrirais serait le Chant de Bernadette. »

Il pourra gagner le Portugal en compagnie du frère de Thomas Mann et du fils de celui-ci puis les États-Unis. Il s’installe à Hollywood et aura pour compagnons d’exil Thomas Mann, le compositeur Arnold Schönberg et le chef d’orchestre Bruno Walter.

Le livre qu’il écrit paraît dans l’année qui suit son arrivée aux États-Unis et aura un succès immédiat d’une très grande ampleur.

Thomas Mann (l’auteur de "La Montagne Magique"), à propos du livre et du fait que Franz Werfel ne se convertira jamais au catholicisme, écrira : «  J’ai toujours beaucoup aimé Franz Werfel, admiré en lui le poète lyrique souvent inspiré, et cordialement apprécié son œuvre narrative toujours intéressante, encore que parfois démunie de contrôle artistique. (...) Au fond un homme de théâtre, et il ressemblait parfois au chanteur d’opéra (que jadis il avait voulu être) et en même temps il est vrai à un prêtre catholique. Il avait fermement repoussé la tentation de se convertir, disant qu’il eût été inconvenant de renier son judaïsme pendant le martyre des Israélites. »

Le livre : Le chant de Bernadette

Il ressort de ce livre une « peinture » transparente, d’une pureté diaphane, de Bernadette, comme si la vision qui s’est renouvelée 18 fois devant elle l’avait transfigurée pour toujours.

Sans se livrer à des interprétations psychologiques hasardeuses et sans fondement, le récit dessine de la voyante un portrait de la plus pure simplicité. Il s’en dégage une image fidèle au portrait que les photographies nous ont gardé. Son regard n’est pas « ailleurs », il est transporté dans un au-delà qui n’est pas un mythe imaginé par un esprit impressionnable mais l’image réelle de la vision qui 18 fois s’est imprimée sur sa rétine et surtout a gagné son cœur.

Au fil des apparitions Bernadette reste toujours Bernadette, mais la sublime beauté de La Dame opère dans son âme, spirituellement préparée par les épreuves de sa vie d’enfant pauvre, une transformation qui n’est pas l’une des moindres raisons du douloureux parcours dont l’aboutissement sera la reconnaissance de la réalité des apparitions confirmant le dogme de l’Immaculée Conception solennellement proclamé 4 ans plus tôt.

Le soleil reste toujours le soleil et tous les objets reçoivent la lumière mais ils la réfléchissent diversement selon leur degré d’absorption. Bernadette a reçu cette lumière et l’a totalement absorbée au point d’opérer dans son âme une « transfiguration ».

« Lourdes est, sur cette planète, le lieu géométrique où se croisent les routes qui mènent à l’enfer où au Ciel ».

... Dans la grotte de Massabielle et à partir de ce lieu originellement sans grâce, la Dame a combattu pour l’enfant pauvre du cachot de la rue des Petits-Fossés ... Dès le premier jour le plus grand et le plus beau miracle de Lourdes aura toujours été celui de la Grâce qui n’a pas trouvé le moindre obstacle vers son âme, pour que des milliers d’autres éprouvées par la vie, laissent cette Grâce transfigurer leur propre âme, qui est souvent la seule force encore vibrante dans un corps détruit par la maladie et la souffrance.

L’autre miracle, celui de Bernadette, sera pour toujours de faire tomber par sa simplicité les gigantesques montagnes de l’orgueil dont est capable le pauvre esprit humain quand il refuse d’emprunter le chemin qui conduit vers Dieu en passant par le cœur de celle qu’il a choisie, l’« Immaculada Counceptiou », pour être la Mère de son Fils.

Le plus difficile pour un esprit rebelle à la Grâce, n’est pas de ployer le genou devant un Dieu tout-puissant mais de le faire, sans autre prétention que de Lui rendre hommage, devant les petits qu’il a toujours choisis pour entrer dans le cœur de ceux qui n’aiment rien d’autre qu’eux-mêmes.

Une fois qu’il a vaincu son esprit, l’ennemi de l’homme racheté (parce qu’il est d’abord l’ennemi de Dieu) doit encore emporter son cœur. Et sur ce chemin un jour ou l’autre il rencontre « La Dame », Marie, la Mère de Dieu. Et là il mesure son impuissance. Pour consentir à ouvrir à la grâce de Dieu un chemin vers son âme il faut à chaque personne accepter de forcer celui de son cœur.

Bernadette nous donne aussi un exemple très actuel : celui de la souffrance reçue non pas comme un paquet anonyme de douleurs mais comme le lien le plus étroit et le plus fort que chaque personne entretient avec Jésus sur la Croix.

CommentaireLe livre peut encore être trouvé chez Amazon, par exemple.

L'auteur de cette fiche

Augustin M.

Augustin M.

Augustin M est, comme tous les auteurs de ce blog, un passionné de lecture. De plus, il a la bonne habitude de prendre des notes sur tout ce qu’il lit, et il a accepté de contribuer à ce blog.

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