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Eglise et immigration : le grand malaise

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Fiche de lecture publiée le 21 mars 2017, écrite par Abbé Antoine Fernandez

Eglise et immigration : le grand malaise

Le pape et le suicide de la civilisation européenne, par Laurent Dandrieu, Presses de la Renaissance, Paris 2017, pp. 309.

Essai polémique contre la vague massive d’immigrés en France et dans l’ensemble de l’Europe occidentale, surtout ceux d’origine musulmane. L’auteur est journaliste dans « Valeurs Actuelles » ainsi qu’écrivain en thèmes d’art et d’histoire. Il a participé à un débat sur l’identité chrétienne avec Erwan Le Morhedec (Identitaire, le mauvais génie du Christianisme, éd. Du Cerf, 2017) qui, de son côté, juge positivement l’immigration récente.

Sommaire :
- prologue anecdotique
- (introduction) De Lépante à Lesbos, l’Eglise dans une idolâtrie de l’accueil ?
- chap. 1 : « L’enfantement d’une humanité nouvelle » : ce que dit l’Eglise de l’immigration
- chap. 2 : « Le chrétien laisse venir tout le monde » : ce que dit le pape François
- chap. 3 : « Chers immigrant musulmans » : l’étrange islamophilie de l’Eglise
- chap. 4 : « Une invasion arabe » : pourquoi l’immigration de masse peut détruire l’Europe
- chap. 5 : « L’unification de tous les peuples et de l’univers entier » : comment l’Eglise fait de la – mauvaise politique
- chap. 6 : « Se tromper avec le pape » : du devoir des catholiques de rester libres en politique
- conclusion. Suicide de l’Europe, suicide de l’Eglise : comment le catholicisme se coupe de ses populations européennes
- bibliographie et remerciements

Le but de l’ouvrage est de nuancer et contredire l’ensemble des déclarations du pape François au sujet de l’ouverture aux migrants. La documentation est abondante et, en général, de première main (documents officiels ecclésiastiques et profanes, statistiques) ; il ne s’interdit pas d’apporter d’autres jugements de valeur, empruntés au monde de la politique ou de la presse.

Il aborde le sujet sous plusieurs angles : dogmatique, sociologie religieuse, culturel, économique (emploi, logement), politique… Il vise presque exclusivement la situation de la France, notamment le danger de la perte d’identité nationale de racine chrétienne.

Le style est vigoureux, souvent passionné, sans éviter certains qualificatifs désobligeants pour la personne du pape, dans la mesure qu’il s’agit d’un procès d’intention (« rusé », p. 263 ; impulsif, complice des multinationales et de la mondialisation séculariste, syncrétisme religieux). Il argumente avec l’énergie d’un avocat et avec la rhétorique d’un journaliste, tout en apportant des données et des réflexions solides. Dans le cadre polémique, il oriente l’interprétation des données vers sa thèse, ce qui peut parfois manquer de nuance.

Le livre est utile pour connaître plusieurs facteurs du problème, y compris les expressions diverses de l’enseignement (officiel ou privé) des papes depuis Pie XII. Aussi pour comprendre l’attitude d’alerte de certains catholiques sur la situation.
Sa position est dictée par la crainte profonde d’une perte ou effacement de la réalité sociologique du christianisme (catholique, notamment) dans le pays. En insistant sur le patrimoine spirituel de la France, il rappelle l’ordre de la charité, qui interdit de porter préjudice aux proches dans les biens essentiels. Il établit un diagnostic très négatif sur l’assimilation culturelle des musulmans, ainsi que sur les tendances hégémoniques de l’islamisme en Europe.

Du point de vue doctrinal, l’auteur a du mal à distinguer, dans la matière à débat, le magistère irréformable (dont il connaît néanmoins la notion et les degrés d’assentiment) et les affirmations pastorales, prudentielles et transitoires. Il manifeste son désaccord légitime avec certaines prises de position du pape et des évêques ; de ce point de vue, il rejette justement le cléricalisme aveugle. Mais globalement le ton est arrogant et amer, donc peu constructif pour l’unité de l’Église.

On peut le qualifier d’intransigeant, non seulement dans la justification de ses prises de position, mais aussi dans le dialogue. Il ne donne pas des consignes politiques explicites. Sa notion de nation et de patriotisme est en accord avec le Catéchisme.

Conseil aux parents : le livre devrait être réservé à des personnes avec une solide formation doctrinale.

L'auteur de cette fiche

Abbé Antoine Fernandez

Abbé Antoine Fernandez

L’abbé Antoine Fernandez est prêtre à Paris et aumônier d’une école hôtelière dans l’Aisne. Docteur en théologie, spécialiste des Pères de l’Église et de saint Augustin en particulier, il a collaboré avec la maison d’édition Migne et a réalisé plusieurs études pour des laboratoires de recherches liés au CNRS.

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